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PERSÉVÉRANCE SCOLAIRE : LE QUÉBEC SE MOBILISE
TEXTES : ISABELLE SIMARD, PHOTOS : RÉMY BOILY

Du 13 au 17 février 2012, une vague de mobilisation en faveur de la réussite éducative déferlera sur le Québec à l’occasion des Journées de la persévérance scolaire (JPS). Des centaines d'actions activeront la communauté autour des jeunes pour leur parler d’efforts, de persévérance, des risques du décrochage scolaire et des avantages d’obtenir un diplôme. Les Québécois seront invités à exprimer leur engagement envers les jeunes en arborant le ruban vert et blanc.
Le message est clair : la persévérance scolaire, c’est l’affaire de tous ! « Chaque jeune a besoin d’encouragement à tous les jours, qu’il soit au primaire ou au secondaire. Actuellement, au Québec, un jeune sur quatre décroche avant d’avoir obtenu un diplôme. Les répercussions sont énormes pour l’ensemble de la société. Nous devons encourager la communauté à redoubler d’efforts pour contrer le décrochage scolaire », explique Éric Campbell, coordonnateur du Projet partenaires pour la réussite éducative en Estrie (PRÉE).
De récentes données dévoilées en octobre 2011 par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport révèlent que, dans l’ensemble du Québec, 73,8 % des jeunes obtiennent un premier diplôme ou une première qualification avant l’âge de 20 ans. Bonne nouvelle, le taux de diplomation a fait un bond de 1,3 % par rapport à l’année précédente. Hausser le taux de diplomation ou de qualification à 80 % chez les élèves de moins de 20 ans est l’objectif que s’est fixé le gouvernement provincial d’ici 2020.
Tenues annuellement durant la troisième semaine de février, les JPS correspondent à une période de l’année scolaire névralgique pour parler de l’importance de la persévérance scolaire. Ce sont les Instances régionales de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative (IRC) qui en font la promo tion. Les IRC ont été créées afin de mobiliser la communauté et développer des partenariats locaux dans la promotion des conditions de réussite éducative.
Chaque IRC est adaptée aux défis spécifiques de la région qu’elle dessert. Elle vise à rejoindre autant les jeunes, les familles et les écoles que les milieux environnants tels les entreprises et les organismes communautaires. Pour joindre l’IRC de sa région et obtenir des outils afin de promouvoir les Journées de la persévérance scolaire 2012, visitez : www.perseverancescolaire.com
UN BEL EXEMPLE D’ACTION RÉGIONALE
Bien des acteurs oeuvrant à la réussite éducative des élèves québécois sont d’avis que le décrochage scolaire apparaît comme un frein au développement économique, d’où l’importance de mettre de l’avant des projets visant à accroître la motivation scolaire, le goût d’apprendre et le sentiment d’appartenance à l’école.
À Saint-Césaire, en Montérégie, l’École secondaire Paul-Germain-Ostiguy (PGO) a trouvé un moyen efficace et novateur de sensibiliser les entreprises de son territoire à l’importance de la persévérance scolaire et à la mise en place de conditions de travail permettant la conciliation études-travail. Initié en 2010, le projet Zone pro études a élargi ses horizons en ciblant également les familles (avec ou sans enfants) pour les inviter à se joindre à cette grande mobilisation régionale.
C’est à l’automne 2009 que l’équipe-école de la polyvalente constate qu’elle ne pourra aller plus loin que ce qu’elle fait déjà pour encourager les élèves à persévérer jusqu’à l’obtention d’un diplôme sans le soutien de la communauté. Que faire quand, année après année, le taux de décrochage varie de 19 % à 32 % dans une région où il manque de maind’oeuvre qualifiée ?
« La culture du travail est très forte chez les jeunes qui, plus que jamais, ont besoin d’argent de poche pour payer leurs frais de cellulaire, leur voiture, leurs sorties et leurs besoins de toutes sortes. Plusieurs d’entre eux n’arrivent plus à joindre les deux bouts et décident d’augmenter leurs heures de travail. Concilier études et travail devient très difficile », explique Paul-André Boudreau, directeur de l'École secondaire PGO.
De ce constat émerge l’idée d’impliquer activement les communautés d’affaires et politiques des cinq municipalités desservies par l’école secondaire, c’est-à-dire Saint-Césaire, Rougemont, Saint-Paul-d’Abbotsford, L’Ange-Gardien et Sainte-Brigide, où le taux d’étudiants travailleurs oscille entre 55 % et 79 %.
En février 2010, l’équipe-école de PGO dévoile les résultats d’un sondage sur la conciliation études-travail réalisé auprès de ses étudiants. Le bilan de la situation est présenté à une cinquantaine d’entreprises à l’occasion du lancement du projet Zone pro études.
« La réponse a été immédiate. De nombreux employeurs ont accepté avec empressement de s’engager en faveur de la persévérance scolaire en signant un contrat social. Actuellement,105 entreprises affichent la vignette Zone pro études et favorisent la conciliation études-travail pour nos adolescents », indique M. Boudreau.
En plus de l’affichage d’autocollants dans les vitrines et de pancartes sur les bâtiments, les entreprises sont invitées à encourager les élèves à ne pas manquer leurs cours pour travailler, à offrir des heures de travail et un horaire qui facilitent la réussite scolaire pendant les examens, à limiter les heures de travail durant l’année scolaire et à accueillir des stagiaires.
En contrepartie, l’école s’engage à valoriser ses partenaires auprès de la communauté, à reconnaître leurs réalisations sur le site Web de l’école, à mettre en évidence la raison sociale de chacun de ses partenaires dans le hall de l’école et à mettre à leur disposition un endroit privilégié dans l’école pour afficher leurs offres d’emploi qui s’adressent aux élèves pour des emplois durant l’année scolaire ou pour des emplois d’été.
En plus de mobiliser le milieu des affaires, le projet débuté en 2010 s’est élargi pour rejoindre toute la communauté, notamment les familles avec des enfants qui fréquentent l’école primaire et secondaire, ainsi que les familles sans enfants, particulièrement les grandsparents.
Le projet Famille pro études propose lui aussi d’établir un contrat social. Les participants sont à leur tour invités à afficher un autocollant à la fenêtre de leur domicile. Différents outils d’information sont mis à leur disposition afin de les soutenir dans leurs efforts en vue de valoriser la réussite scolaire.
« Présentement, 780 familles affichent la vignette en faveur de la persévérance scolaire et ce nombre ne cesse d’augmenter semaine après semaine. Notre projet s’est propagé dans les municipalités avoisinantes, sur le territoire de l’École secondaire Mgr-Euclide-Théberge (MET), à l’École d’éducation aux adultes La Relance de Saint-Jean-sur-Richelieu et Marieville, ainsi qu’à la polyvalente Chanoine-Armand-Racicot », se réjouit Paul-André Boudreau.
Parallèlement, la Fondation pro études a vu le jour. Cette fondation vise à collecter des fonds pour soutenir des initiatives en lien avec la persévérance scolaire dans la MRC Rouville ainsi que sur les territoires desservis par les écoles secondaires PGO de Saint-Césaire et MET de Marieville.
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(Vous pouvez lire la suite dans l'Actuelle magazine des CFQ du volume 22 numero 2)